Renoncer à la transparence des salaires en raison du Covid-19 serait trahir les travailleuses de première ligne

Gender Pay Transparency protest outside the European Commission

La Confédération européenne des syndicats (CES) exhorte la Commission européenne à ne pas revenir sur sa promesse d’introduire des mesures contraignantes pour promouvoir l’égalité et l’équité des rémunérations en raison de la crise du coronavirus.

Imposer des mesures contraignantes en matière de transparence des salaires pour combler l'écart salarial de 15% entre hommes et femmes en Europe dans les 100 jours de sa nomination comme Présidente de la Commission était l’une des cinq promesses faites par Ursula von der Leyen.

Une indiscrétion à propos d’un programme de travail de la Commission a toutefois révélé que l’action – qui n’a déjà que trop tardé – concernant l’égalité salariale entre hommes et femmes et une plus juste rémunération des travailleuses pourrait bien être reléguée aux oubliettes. On peut lire :

« Bien que la transparence des rémunérations ait été inscrite dans les orientations politiques, il faut noter que tout changement important entrainera inévitablement un surcroît de charge administrative pour les entreprises. Il faut donc s’interroger si l’automne est réellement le moment approprié pour cette proposition. »

La CES estime que tout nouveau retard serait une trahison à l’égard des millions de femmes qui occupent une part disproportionnée d’emplois qui les placent en première ligne de la crise sanitaire.

Les données Eurostat montrent que 78% de l’ensemble du personnel des soins de santé, y compris 4,1 millions de prestataires d’aide aux personnes, mal payés mais très exposés, sont des femmes.

La Secrétaire générale adjointe de la CES, Esther Lynch, a écrit à Helena Dalli, la Commissaire pour l’égalité, pour la prévenir que ne pas agir maintenant serait une « erreur aux conséquences considérables ». Elle explique :

« Les plans de la Commission visant à renoncer aux mesures contraignantes en matière de rémunérations constituent une trahison à l’égard des millions de travailleuses qui risquent leur vie dans des emplois essentiels pour combattre la crise. »

« Les femmes constituent la majorité du personnel infirmier, de soins, de nettoyage et du secteur de la distribution qui travaille dur depuis le début de cette crise. Retarder l’action en faveur d’un juste salaire n’est aucunement une façon de les remercier. »

« Nous rappelons à la Commission que l’égalité salariale n’est pas une prime pour les bons jours mais un principe consacré par les traités européens depuis 1957. Aujourd’hui plus que jamais, il faut que ce principe devienne réalité pour toutes les travailleuses sous-évaluées et sous-payées. »

« La crédibilité de la Présidente de la Commission est en jeu. Ursula von der Leyen a fait de la transparence obligatoire des rémunérations l’une de ses premières priorités. L’abandonner maintenant serait un manquement grave à sa parole. »

Notes :

La CES et plus de 21 syndicats nationaux de 14 États membres ainsi que 6 fédérations syndicales sectorielles européennes ont adressé une lettre aux Commissaires européens pour protester contre la proposition de renoncer aux mesures concernant la transparence des salaires.

Les chiffres relatifs à l’écart salarial hommes-femmes dans les 27 pays de l’UE sont disponibles via le lien https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Gender_pay_gap_statistics

 

21.04.2020
Communiqué de presse