Lanceurs d’alerte : le début d’un changement de culture ?

Whistleblowing Directive 2

La Confédération européenne des syndicats (CES) accueille avec prudence l’accord sur une directive européenne relative aux lanceurs d’alerte et l’introduction à l’échelle de l’UE de l’obligation faite aux employeurs de protéger et d’écouter les travailleurs qui signalent des problèmes au travail. La directive impose aux entreprises de plus de 50 employés de mettre en place des procédures écrites de lancement d’alerte.

Suite à cet accord conclu tard dans la nuit, Esther Lynch, Secrétaire confédérale de la CES, a réagi : « Que ce soit après des catastrophes ou des scandales, nous apprenons souvent que des travailleurs avaient prévenus leur employeur de dangers constatés dans l’entreprise mais qu’ils n’avaient pas été entendus. Cette directive doit marquer le début d’un changement de culture quant à la façon dont les employeurs considèrent et traitent les lanceurs d’alerte au sein de l’Union européenne. »

Les États membres devront transposer cette directive en droit national, un processus que les syndicats suivront de près pour s’assurer qu’elle soit mise en œuvre de manière à ce que l’important travail accompli par les délégués syndicaux pour soutenir les travailleurs qui dénoncent des faits ou des situations répréhensibles soit correctement traduit dans la législation de chaque pays.

La CES se dit particulièrement soulagée de constater que le compromis nocturne inclut le changement d’orientation réclamé par les syndicats, à savoir que les travailleurs ne seront pas obligés de passer par une procédure interne obligatoire avant de faire part de leurs inquiétudes directement aux autorités.

« Il est prématuré de dire que cette directive change les règles du jeu », ajoute Lynch, « car il y a encore potentiellement de nombreuses lacunes dont la moindre n’est pas l’absence de protection de ceux ou celles qui dénoncent des atteintes aux droits des travailleurs. Toutefois, si États membres et syndicats collaborent pour mettre en œuvre la directive au niveau national, celle-ci pourrait constituer une amélioration significative visant à dénoncer des faits ou comportements délictueux et à protéger les lanceurs d’alerte contre les représailles. »

12.03.2019
Communiqué de presse