Les emplois de qualité offrent une véritable solution aux défis économiques de l'Europe

L'amélioration de la qualité des emplois - et non l'abaissement des normes - est la véritable réponse aux défis auxquels l'économie européenne est confrontée, ont déclaré les syndicats lors de la consultation de la Commission européenne sur la loi sur les emplois de qualité (Quality Jobs Act).

La Confédération européenne des syndicats (CES) publie aujourd'hui ses propositions détaillées concernant le contenu de la nouvelle loi nécessaire pour remédier à l'impact des emplois de mauvaise qualité sur les travailleurs et les entreprises.

Près d'un un travailleur sur cinq en Europe occupe des emplois de qualité médiocre, mal rémunérés et offrant peu de perspectives. Non seulement cette situation enferme les travailleurs dans la pauvreté, mais elle est aussi à l'origine d'un grand nombre d'accidents du travail. La recherche montrent que les emplois mal rémunérés et les mauvaises conditions de travail exacerbent les pénuries de main-d'œuvre qui nuisent à l'économie européenne.

L'absence de formation des travailleurs est également un facteur important de la pénurie de compétences. Seuls 37 % des adultes ont participé à une formation en 2016 et ce taux n'a guère augmenté depuis.

C'est pourquoi la réponse de la CES à la consultation appelle à une action législative pour :

  • Augmenter la négociation collective en tant que meilleur moyen d'obtenir des salaires et des conditions véritablement équitables ;
  • Introduire un droit à la formation pendant le temps de travail dans le cadre d'une transition juste vers une économie verte et numérique ;
  • Réglementer les chaînes de sous-traitance et les intermédiaires du travail ;
  • Mettre fin à l'épidémie de stress en Europe, notamment en appliquant le droit à la déconnexion ;
  • Réglementer la gestion algorithmique au travail sur la base du principe de l'homme aux commandes ;
  • Mettre fin au travail précaire par le biais de droits légaux aux contrats permanents et à l'emploi à temps plein.

Esther Lynch, secrétaire générale de la CES, a déclaré :

"Un Quality Jobs Act fort serait bon pour les travailleurs, bon pour les entreprises et bon pour l'Europe. Mario Draghi a clairement indiqué que l'augmentation de la compétitivité passe par l'amélioration des compétences et non par la baisse des salaires.

"Les faits montrent que les emplois de faible qualité freinent notre économie en provoquant des pénuries de main-d'œuvre et des déficits de compétences. Les propositions formulées aujourd'hui par les syndicats permettraient à l'Europe de disposer d'une main-d'œuvre hautement motivée et bien formée.

"Nous devons également veiller à ce que nos lois suivent le rythme des révolutions verte et numérique sur nos lieux de travail en garantissant que les entreprises gèrent le changement de manière proactive grâce à une transition juste, et que l'intelligence artificielle soit introduite d'une manière qui profite aux travailleurs plutôt que de violer leurs droits.

"L'Europe ne pourra jamais gagner une course vers le bas. Nos pays les plus performants montrent que la voie vers une économie forte passe par des emplois de qualité, des investissements élevés et des services publics de qualité."

Notes

Réponse de la CES à la première phase de consultation des partenaires sociaux sur la loi sur les emplois de qualité

Brochure de la CES - Blueprint to deliver quality jobs (en anglais)