La montée de la haine appelle l'UE à renforcer les mesures de lutte contre le racisme sur le lieu de travail

La montée de la haine causée par la politique de division exige que la Commission européenne passe des paroles aux actes lorsqu'il s'agit de lutter contre le racisme dans le monde du travail, affirment les syndicats après le lancement aujourd'hui de la nouvelle stratégie antiraciste de l'UE.

Les mesures de lutte contre le racisme sur le lieu de travail ont été prises pour cible par l'administration Trump, qui a a envoyé des lettres aux entreprises européennesleur demandant de prouver qu'elles se conforment à un décret interdisant les programmes de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI).

Les syndicats sont le premier point de contact pour les personnes victimes de discrimination au travail. La stratégie comprend un certain nombre de mesures ciblées sur le lieu de travail, notamment pour lutter contre la discrimination raciale par le biais des pratiques d'emploi et de recrutement ou par l'application d'outils d'intelligence artificielle sur le lieu de travail. Elle prévoit également des possibilités de promouvoir des lieux de travail inclusifs, ainsi que des actions de formation et de sensibilisation. La mise en œuvre de ces mesures doit renforcer la capacité des travailleurs et de leurs syndicats à négocier des mesures d'égalité et à les faire appliquer.

La nouvelle stratégie 2026-2030 étant lancée dans un contexte international de plus en plus dangereux, les syndicats affirment qu'elle doit représenter un véritable tournant. L'Europe a besoin de politiques décisives, capables d'aborder le racisme comme un problème structurel qui touche le travail, l'éducation, le logement, les services publics et le discours politique - et une directive anti-discrimination horizontale est nécessaire pour garantir l'efficacité des actions incluses dans la stratégie.

La Confédération européenne des syndicats (CES) appelle la Commission à

  • Renforcer fortement la capacité des partenaires sociaux sur le lieu de travail et au niveau de l'entreprise à négocier pour l'égalité.
  • Un soutien accru aux syndicats en tant qu'acteurs d'une société accueillante fondée sur l'égalité et la solidarité, y compris au niveau local ;
  • Le passage d'une stratégie de principes à une stratégie de résultats, avec des objectifs mesurables et des mécanismes de responsabilité clairs ;
  • Les dirigeants doivent remettre en question les récits qui associent la migration à l'insécurité et au déclin social.

Giulio Romani, secrétaire confédéral de la CES, a déclaré :

"Des syndicats forts et indépendants sont essentiels pour lutter contre la discrimination dans le monde du travail. Il est essentiel que la mise en œuvre de cette stratégie renforce la capacité des syndicats à prendre des mesures pour traiter les cas concrets d'injustice.

"Au cours des cinq dernières années, l'Union européenne a pris des mesures importantes au niveau politique et institutionnel. Cependant, les faits montrent que ces avancées n'ont été que partiellement mises en œuvre dans les États membres et que, dans la plupart des cas, elles ne se sont pas encore traduites par des changements tangibles dans la vie quotidienne des citoyens.

"Au cours de la même période, l'Europe a été témoin d'une instrumentalisation politique croissante de la migration. Le discours public de plus en plus polarisé a contribué à normaliser l'idée que l'immigration est une menace, plutôt qu'une réalité sociale et économique qui doit être régie par des politiques inclusives et fondées sur les droits.

"La CES l'affirme clairement : ce ne sont pas les travailleurs migrants qui font baisser les salaires, mais les attaques des politiciens et des employeurs contre les droits des travailleurs à la négociation collective qui ont créé un dumping social et une précarité extrême. Comme cela est apparu clairement lors de la conférence de la TUAD et de FairForward sans travail décent, salaires équitables, droits et protection en matière de santé et de sécurité, toute stratégie de lutte contre la discrimination risque de rester lettre morte.

"Nous sommes heureux de constater qu'un certain nombre de demandes de la CES ont été prises en compte. Il y a une approche plus concrète de la lutte contre la discrimination en ce qui concerne les droits fondamentaux au logement ou à la protection sociale et une plus grande attention à la dimension intersectionnelle de la discrimination. Toutefois, il reste encore beaucoup à faire pour doter les travailleurs et leurs syndicats des outils nécessaires pour lutter réellement contre la discrimination lorsqu'elle se produit.

"Avec la nouvelle stratégie 2026-2030, l'Union européenne a l'occasion de montrer que l'antiracisme n'est pas seulement une déclaration de valeurs, mais un choix politique concret pour la cohésion sociale et la démocratie européenne."

Diversité, équité et inclusion
Publié le20.01.2026
Communiqué de presse