La Commission européenne a rejeté le lobbying des entreprises contre la transparence salariale, envoyant ainsi un signal clair aux capitales pour qu'elles poursuivent sa mise en œuvre.
La date limite fixée au mois de juin pour que les États membres transposent la directive dans leur législation nationale approche à grands pas. Mais certains gouvernements ont peu progressé. Pendant ce temps, Business Europe continue de faire campagne pour rouvrir et affaiblir la directive.
La Commission a mis un terme à la question dans la stratégie pour l'égalité entre les femmes et les hommes publiée hier, qui stipule : « La directive sur la transparence salariale change la donne dans la lutte contre la discrimination salariale et la sous-évaluation des emplois à prédominance féminine, qui sont les causes profondes de l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes. La Commission continuera à soutenir les États membres dans la mise en œuvre efficace et rapide de cette directive. »
La stratégie engage également la Commission à présenter les mesures nécessaires pour lutter contre la violence à l'égard des femmes au travail dans le cadre de la future loi sur les emplois de qualité. Reconnaître la violence et le harcèlement comme un risque psychosocial majeur qui nécessite des mesures de prévention et de protection plus strictes pour les travailleurs dans toute l'UE est un pas dans la bonne direction.
Isabelle Schömann, secrétaire générale adjointe de la Confédération européenne des syndicats, a déclaré :
« La Commission a envoyé un message clair : la directive sur la transparence salariale est là pour rester. Les gouvernements nationaux qui ont joué la carte de la prudence doivent désormais rattraper le temps perdu et travailler d'arrache-pied pour respecter la prochaine date limite de transposition.
Cet engagement sera un immense soulagement pour les 10 millions de travailleurs qui risquaient de perdre 4,8 milliards d'euros par an en salaires impayés si les demandes de Business Europe visant à affaiblir la directive avaient été acceptées.
Les représentants des conseils d'administration dominés par les hommes ont exercé de fortes pressions contre cette directive, car ils savent que les énormes écarts de rémunération entre les hommes et les femmes qu'elle révélera ne peuvent être justifiés. La transparence salariale est bénéfique pour tous les travailleurs, hommes et femmes, et stimulera la compétitivité en aidant les entreprises à surmonter les pénuries de main-d'œuvre exacerbées par les bas salaires. »
Enfin, la stratégie reconnaît la nécessité de rendre les lieux de travail sûrs pour toutes les travailleuses. Nous prendrons la Commission au mot et œuvrerons en faveur d'un lieu de travail exempt de violence sexiste. »