ETUC
20/03/05

Pour faire de Lisbonne un vecteur du développement durable.

Déclaration conjointe du Bureau européen de l’environnement, de la Confédération européenne des syndicats et de la Plateforme des ONG sociales européennes.

 

Le BEE, la CES et la Plateforme sociale jugent avec un même œil critique les nouvelles orientations pour la stratégie de Lisbonne proposées par la Commission Européenne. Les trois organisations soumettent leurs propositions au prochain Sommet Européen de Printemps pour sortir de la vision beaucoup trop étroite de la Commission :

Nos organisations sont profondément déçues de constater qu’en proposant l’abandon temporaire du pilier environnemental et du pilier social, les propositions de la Commission pour la « nouvelle stratégie de Lisbonne » ne respectent pas la philosophie globale qui fondait le processus de Lisbonne défini en 2000 et 2001.

Nous sommes opposés à cette vision périmée de : « la croissance d’abord, le reste attendra ». Une société qui oppose l’économie, le social et l’environnement est condamnée à gaspiller des ressources et à saper son potentiel de croissance et n’a aucune chance de réaliser les objectifs économiques de Lisbonne d’une manière soutenable.

Nous avons besoin d’une vision autrement plus ambitieuse pour aborder les défis environnementaux que constituent le changement climatique, l’augmentation régulière des transports et l’érosion de la biodiversité, d’une manière qui contribue aussi à la modernisation économique et à une meilleure santé publique.

L’Europe n’a aucune chance si elle cherche à concurrencer les pays émergents en optant pour la course au "toujours moins". Il y aura toujours des pays avec des salaires plus bas, des horaires de travail plus longs et de moins bonnes conditions de travail. Au lieu de cela, elle doit investir dans l’Europe sociale et le développement durable pour en faire des facteurs d’excellence et d’innovation dans une société du savoir.

La cohésion sociale ne résulte pas automatiquement de la croissance économique. Pour que la croissance contribue réellement à la cohésion sociale et à la réduction de la pauvreté, il faut des politiques actives dans le domaine de l’emploi, de la protection sociale et de l’inclusion sociale.

Nous sommes aussi préoccupés par le changement d’orientation de la politique externe de l’Union, qui s’éloigne de l’objectif de gouvernance économique globale responsable au profit d’un simple programme de libre-échange, où le reste du monde est perçu uniquement comme un concurrent.

Par conséquent, les trois organisations demandent au Conseil de :

- Faire en sorte que les mesures de court terme inscrites dans la stratégie de Lisbonne ne s’opposent pas, et contribuent concrètement, aux engagements pris par l’Union dans les domaines social et environnemental ;

- Garantir que le Sommet de Printemps ne se limitera pas à « la croissance et l’emploi » mais inclura aussi de forte dimensions sociale et environnementale.

- Résister aux tentatives d’imposer un moratoire sur les politiques environnementales et sociales de l’Union, en invoquant la situation économique actuelle ;

- Promouvoir, dans l’ensemble des Etats membres, des politiques d’investissements publics dans le logement et les transports durables, conformément aux propositions du BEE, de la CES et de la Plateforme Sociale, et organiser un échange d’expériences pour le Sommet de printemps 2006.

- Prendre des engagements pour rendre les marchés publics favorables au social et à l’environnement.

- Entreprendre une analyse approfondie de l’impact de la libéralisation des marchés de l’énergie sur le développement durable, qui inclue en particulier l’accès aux services, les émissions de CO2 et l’emploi.

- Lancer une réforme fiscale environnementale, en tenant compte des aspects sociaux et d’emploi, et en prévoyant l’utilisation des recettes pour la réduction des coûts du travail et pour les services sociaux.

- S’engager à faire des négociations commerciales internationales de Doha un véritable "round" du développement.

Pour plus d’informations :

ETUC : Patricia Grillo. Tel. + 32 (0) 224 04 30. GSM + 32 (0) 477 77 01 64. E-mail : Pgrillo@etuc.org

Social Platform : Daniela Mitchener. Tel. + 32 (0) 508 1632. E-mail : Daniela.mitchener@socialplatform.org

EEB : John Hontelez. Tel. + 32 (0) 289 1090. E-mail : hontelez@eeb.org


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Dernière modification:juin 28 2005.