ETUC
18/11/2010

Sommet sur l’égalité : la CES et la FSESP demandent de remettre l’égalité et l’intégration sociale à l’ordre du jour de l’UE

Le 4e Sommet de l’UE sur l’égalité, organisé les 15 et 16 novembre à Bruxelles par la Présidence belge de l’UE avec le soutien de la Commission européenne, a mis l’accent sur l’égalité et la diversité sur le lieu de travail à la suite de l’introduction, il y a 10 ans, d’une interdiction légale de la discrimination au niveau de l’UE. Se fondant sur la législation concernant l’égalité hommes-femmes, la directive 2000 de l’UE interdit la discrimination dans l’emploi pour des raisons d’origine ethnique, d’incapacité, d’orientation sexuelle, d’âge et de religion. La Confédération européenne des syndicats (CES) et la Fédération syndicale européenne des services publics (FSESP) ont pris part à ce sommet de l’UE et mis l’accent sur la nécessité de faire progresser les questions d’égalité, en particulier dans ce contexte de crise.

 

Bernardette Ségol, Secrétaire générale d’UNI-Europa représentant la CES au Sommet, soutenue avec énergie par Gloria Mills, Secrétaire en charge de l’égalité hommes-femmes au sein du syndicat britannique Unison, représentant la FSESP, envoient un message clair aux fonctionnaires des autorités nationales et communautaires : “Dans le contexte de la crise économique et financière actuelle, les mesures d’austérité minent des années d’avancées sur les questions d’égalité ; en Europe, nous connaissons actuellement les pires réductions jamais vécues en matière de dépenses publiques et ce sont essentiellement les femmes et les groupes vulnérables qui seront frappés le plus durement. Il est essentiel de remettre l’égalité au centre des stratégies de sortie de crise”.

Dans ses conclusions, Joëlle Milquet, Vice-premier ministre de Belgique, a également plaidé en faveur d’un engagement de l’UE à renforcer les questions d’égalité à un moment de crise économique et sociale. Elle a déclaré que des mesures concrètes devaient être prises afin que les valeurs essentielles d’égalité et d’intégration sociale de l’UE ne soient pas considérées comme une question marginale. Dans ce contexte, elle formulera 10 recommandations qui figureront à l’ordre du jour du prochain Conseil Emploi, politique sociale, santé et consommateurs (EPSCO), les 6 et 7 décembre.

Faisant écho à la demande de la CES et de la FSESP en faveur de plans d’égalité obligatoires sur le lieu de travail, la ministre Milquet a recommandé une approche globale en matière d’égalité et d’anti-discrimination. Le secteur public devrait montrer l’exemple et élaborer des plans d’action et corriger les discriminations. Elle a proposé des objectifs de recrutement qualitatifs, légalement contraignants, transparents, et n’excluant pas la possibilité de recourir à des outils tels que les quotas lorsque rien ne parvient à garantir que la main-d’oeuvre du secteur public représente la société qu’elle sert. Saluant la contribution des syndicats et des employeurs, Mme Milquet a encouragé les partenaires sociaux de l’UE à négocier un cadre d’actions sur l’égalité et la diversité. Un tel cadre visera à promouvoir et réaliser un lieu de travail inclusif, basé sur l’égalité de traitement et le développement des compétences. Au plan national, de tels cadres existent dans un certain nombre de pays et sont actuellement négociés en Belgique. Ils devraient être soutenus par des initiatives sectorielles.

Gloria Mills a accueilli avec satisfaction les recommandations. Elle a déclaré : “Les plans d’égalité, ou en réalité les obligations en matière d’égalité telles que celles qui existent au Royaume-Uni et en Finlande, sont un bon moyen pour les employeurs publics de montrer l’exemple, de promouvoir les bonnes pratiques, de susciter le changement culturel et de devenir un lieu de travail vraiment représentatif de la société au sens large. Une main-d’oeuvre plus diversifiée contribue à offrir un meilleur service public, plus innovant. En outre, nous avons besoin de réglementations communautaires plus fortes sur la clause d‘égalité dans les contrats publics”.

Pour plus d’informations : Pablo Sanchez, psanchez@epsu.org, 00 32 (0) 474.62 66 33



Vos commentaires sont importants pour nous.
Avez-vous trouvé cette page intéressante ?
Avez-vous un commentaire ?
 Vous pouvez répondre à cet article ici.



Dernière modification:novembre 18 2010.