
La CES demande la mise en œuvre des politiques climatiques dans le cadre d’une stratégie de développement de l’Europe
Quelques jours après la publication de la communication de la Commission européenne et préalablement au Conseil Européen des 17-18 juin, la Confédération européenne des syndicats (CES) souligne qu’il y a urgence à mettre en œuvre des politiques climatiques dans le cadre d’une stratégie de développement de l’Europe, et d’assurer leur financement.
Suite à l’étude commandée par la CES « Le changement climatique, les nouvelles politiques industrielles et les sortie de crise », une nouvelle brochure sur le sujet a été présentée lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce 15 juin. Joël Decaillon, Secrétaire Général adjoint de la CES, y a résumé les propositions qu’y formule la CES. Il est urgent que l’Union Européenne :
définisse des politiques industrielles européennes coordonnées
favorise des initiatives globales coordonnées en matière de recherche et développement et le partage des connaissances scientifiques
développe et diffuse les technologies vertes à l’échelle mondiale en s’aidant de politiques de transferts technologiques et de règles régissant la propriété intellectuelle équilibrées, qui prennent en compte à la fois ces besoins et les objectifs sociaux et économiques de ceux qui financent la R&D.
crée une agence européenne chargée de fixer les benchmarks et la traçabilité carbone généralisée à l’ensemble des produits, agence ouverte aux partenaires sociaux
mette en place un instrument (coordonnant notamment les instruments existants tels que les conseils sectoriels) permettant d’assurer l’anticipation des transitions socio-économiques et renforçant le dialogue entre les partenaires sociaux et les pouvoirs publics, tout en s’attelant aux défis des restructurations industrielles auxquels sont confrontés les nouveaux Etats membres.
mobilise et renforce les ressources existantes pour les politiques climatiques, notamment celles de la Banque européenne d’investissements et des fonds structurels ;
réforme son système de gouvernance des fonds utilisés pour lutter contre le changement climatique, notamment en faisant du respect des principes sociaux et environnementaux une obligation préalable à l’obtention de financements de projet ;
utilise de nouvelles sources de financement innovantes, telles qu’une taxe sur les transactions financières.
La Commission européenne déclare elle-même dans son communiqué du 26 mai que « partout dans le monde, les Etats reconnaissent le potentiel d’une croissance à faible intensité de carbone et respectueuse de l’environnement en matière de création d’emplois durables et de renforcement de la sécurité énergétique ».
L’heure doit donc être à la mobilisation des moyens pour mettre en place cette stratégie qui pourra aussi contribuer à gérer la crise actuelle.
En outre, cette stratégie ne sera une véritable stratégie de développement que si les conditions d’une transition juste sont rencontrées, à savoir des initiatives et conseils intersectoriels ainsi que dans tous les secteurs clé, incluant les partenaires sociaux, dédiés à la gestion de la transition vers une économie bas carbone :
choix concertés de Recherche et Développement prioritaires,
choix concertés d’investissements dans les technologies bas carbone,
mise en place de compétences et stratégies de formation adaptés, bien conçus et dispensés au bon moment grâce au dialogue social et à l’anticipation des besoins afin que les emplois verts créés soient aussi des emplois de qualité.
La CES demande donc au Conseil européen des 17-18 juin de prendre pleinement en considération ces propositions et besoins sociaux et de contribuer à construire une Europe solidaire au travers d’une stratégie de développement.
Liens vers la brochure : http://www.etuc.org/a/6789
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