
Un scandale d’espionnage vient souligner la nécessité de suspendre l’accord Colombie-UE
À la lumière des inquiétudes grandissantes suscitées par la participation de l’agence colombienne de renseignements DAS à des opérations clandestines menées en Colombie mais aussi en Union européenne, les organisations syndicales européennes et internationales ont lancé un nouvel appel à la suspension de l’accord de libre échange UE-Colombie-Pérou, dont la signature est prévue ce mercredi 19 mai. L’adoption formelle de l’accord doit avoir lieu à la clôture du Sommet UE-Amérique latine et Caraïbes en cours à Madrid
« À présent que certains gouvernements suspendent même les transferts d’aide vers la Colombie en réaction aux activités illégales de la DAS, il semble évident qu’il n’y a pas de voie crédible pour que ces négociations puissent se conclure de cette manière », a remarqué John Monks, secrétaire général de la CES. « La CES réitère notre demande – partagée par les trois centrales syndicales en Colombie – que l’ALE ne soit pas signé dans les circonstances présentes. »
« En plus de la découverte le mois dernier à La Macarena d’une fosse commune soupçonnée de contenir les cadavres non identifiés de plusieurs milliers de victimes d’exécutions extrajudiciaires, le scandale de la DAS apporte la preuve la plus récente du non-respect flagrant des droits humains en Colombie », a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CSI. « Tout accord signé par l’UE avec la Colombie devrait renfermer des clauses fortes, permettant aux syndicalistes et aux défenseurs des droits humains d’exercer leurs droits sans mettre leur vie en danger. Malheureusement, il reste encore énormément de travail à faire sur l’ALE avant que cela ne soit le cas et il ne devrait pas être signé cette semaine. »
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