
Résolution de la CES sur la Birmanie
Lors de sa réunion des 09- 10 mars 2010, le Comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES) a adopté une résolution sur la Birmanie.
Les 11 et 12 février 2010, la Conférence de la Confédération syndicale internationale (CSI) sur la restauration de la démocratie en Birmanie s’est tenue à Tokyo. Elle a réuni des affiliés de la CSI, des Centrales syndicales affiliées à la CES ainsi que les Fédérations de Global Union.
Dans le contexte des prochaines élections générales en Birmanie, la Conférence a travaillé sur l’identification des moyens d’actions possibles à court et long termes pour maintenir la pression sur la junte et soutenir la Fédération des syndicats – Birmanie (FTUB), affiliée à la CSI.
La Birmanie se trouve dans un moment décisif. Alors que les élections générales sont prévues pour 2010, aucune date n’a encore été communiquée officiellement et la législation électorale nécessaire n’a pas été adoptée. La Constitution adoptée en 2008 par un référendum controversé organisé après le passage du Cyclone Nargis contient des restrictions draconiennes qui sont une entrave à un processus électoral libre et transparent. Cette constitution cherche clairement à renforcer le régime militaire et à limiter le rôle des partis politiques indépendants comme le NLD de Daw Aung San Suu Kyi.
La CES, avec la CSI, considère que si les élections générales birmanes de 2010 devaient se tenir dans ce cadre, elles ne pourraient pas être considérées comme légitimes. Des conditions essentielles doivent être respectées comme la libération de tous les prisonniers politiques dont Aung San Suu Kyi, et le dialogue avec l’opposition et les groupes ethniques pour assurer une réconciliation nationale et les changements constitutionnels permettant une véritable transition vers la démocratie et le respect des droits humains.
La CES appelle l’Union européenne à identifier clairement des repères forts, basés sur les conditions précitées, en fonction desquels le processus d’élection serait contrôlé.
A ce stade, la communauté internationale ne doit pas réduire la pression mais au contraire la maintenir et la réactiver. L’UE doit prendre l’initiative sur cette question.
Les sanctions ont un impact, c’est une évidence. L’Union européenne a adopté des sanctions et les a renforcées, notamment après la ‘Révolution Safran’. Leur efficacité doit être évaluée et communiquée de façon transparente et elles doivent être maintenues et renforcées jusqu’à ce que la Junte réagisse de façon vraiment positive aux demandes de la communauté internationale.
La CES, de même que la CSI, a systématiquement appelé l’UE à adopter des sanctions plus fermes. De nouvelles sanctions s’ajoutant à celles déjà en place, dont les transactions financières de pays tiers, les assurances, le domaine de l’énergie et l’interdiction de tout nouvel investissement, doivent maintenant être étudiées afin d’être appliquées immédiatement si les élections générales ne se tenaient pas dans le respect des critères identifiés par l’UE.
La CES appelle aussi l’UE à
saisir l’opportunité de la réunion Asie-Europe (ASEM) pour travailler à un engagement plus fort des gouvernements asiatiques et pour élaborer une approche coordonnée ; et
en préparation de la mission UE de haut niveau en Birmanie à la fin avril, à rencontrer la CES et la CSI pour discuter des termes d’une telle mission et pour intégrer les demandes du mouvement syndical birman.
Par ailleurs, la CES appelle l’UE, durant la réunion du mois de mars du Comité directeur de l’OIT, à soutenir et promouvoir des actions renforcées sur :
l’abolition des travaux forcés, compte tenu de la prédominance constante de ce genre de travail dans le pays, et des représailles alarmantes du Gouvernement birman à l’encontre des victimes des travaux forcés et des personnes déposant des plaintes au nom de l’Accord Complémentaire de l’OIT ;
et sur la garantie du droit à la liberté d’association, étant donné l’interdiction des syndicats libres et indépendants, et notamment, les récentes grèves des travailleurs qui ont vu jour dans le pays.
La CES convoque les décisions uniques prises par l’OIT en 2000 pour demander aux organisations internationales, aux gouvernements, aux organisations patronales et aux organisations des travailleurs d’agir contre le régime militaire en Birmanie et contre la demande spécifique supplémentaire concernant l’investissement direct à l’étranger (IDE) en 2005 en vue d’exercer une pression pour obtenir l’éradication des travaux forcés en Birmanie. Les affiliés de le CES sont appelés à prendre toutes les mesures légales possibles et, si besoin, à refuser les biens et services d’origine birmane.
La CES demande à ses affiliés de soulever ces questions directement avec leurs gouvernements nationaux.
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