
1ère enquête du 8 mars annuelle de la CES
Résumé
Les résultats de la première "enquête du 8 mars" annuelle de la CES, réalisée afin d’évaluer l’ampleur des progrès accomplis en matière de réduction d’écart entre les sexes dans les syndicats, font apparaître que, dans une majorité des organisations affiliées à la CES, les femmes sont à l’origine de l’augmentation du nombre de syndiqués. 18 confédérations nationales ont constaté que le nombre d’affiliées a augmenté de 0,2 % à 2,5 % au cours des 12 derniers mois. Dans un certain nombre de cas, ces augmentations ont été de pair avec une diminution du nombre d’affiliés masculins, ce qui illustre la croissance globale de l’emploi féminin en Europe.
Ces chiffres révèlent que les syndicats doivent attirer et retenir les affiliées et soulignent une fois de plus qu’il est important de s’assurer que la politique syndicale et les politiques reflètent les besoins des hommes et des femmes.
Dans les syndicats, la présence des femmes aux postes de contrôle reste extrêmement faible et les progrès accomplis dans ce domaine au cours de l’année écoulée sont rares ou même totalement absents. En effet, certains syndicats ont même viré à 180°, remplaçant les dirigeantes par des dirigeants. Les chiffres semblent indiquer une fracture nord/sud quant à la visibilité des femmes aux échelons élevés des syndicats. Or, bien qu’un grand nombre de syndicats nordiques enregistrent d’assez bons résultats dans ce domaine, un petit nombre d’autres syndicats procèdent à des changements au sommet. Néanmoins, dans l’ensemble, les progrès sont lents et la marge d’amélioration est importante.
L’égalité des salaires demeure une question essentielle pour la plupart des syndicats qui ont répondu à l’enquête. Un grand nombre de syndicats ont constaté que l’écart salarial réel est en fait sensiblement plus élevé que ce qu’indique la Commission européenne, d’où la nécessité pour les syndicats de poursuivre leur action dans ce domaine.
Parallèlement aux activités menées par les syndicats sur des questions de genre spécifiques, la plupart agissent également au plan des politiques et activités en matière d’intégration des genres. Un certain nombre de syndicats ont mis en place une forme de charte syndicale sur l’intégration de la dimension du genre, qui reflète la charte récemment adoptée par le CES, bien que ces chartes n’existent pas encore dans tous les syndicats. D’autres ont déjà modifié leurs statuts afin d’assurer l’intégration de la dimension du genre.
De manière globale, il semble qu’en dépit du fait que les femmes semblent endiguer la baisse des affiliations syndicales, elles progressent toujours difficilement vers les postes de haut niveau. Le plafond de verre semble bien en place, et paraît même renforcé, dans la plupart des organisations membres. Lorsqu’il y a réellement un progrès, celui- ci est lent.
Introduction générale
Dans le cadre du suivi au 11e Congrès de la CES à Séville, tenu en mai 2007, la CES a réalisé ce qui deviendra la première "enquête du 8 mars" annuelle. Cette enquête a pour but d’évaluer l’ampleur des progrès accomplis en matière de réduction d’écart entre les sexes dans les syndicats et de mettre en lumière les activités en matière d’intégration de la dimension de genre qui ont été couronnées de succès au sein de nos organisations affiliées.
Un total de 46 confédérations nationales (sur 82) appartenant à 28 pays (sur 36) ont participé à cette enquête.
Les 36 confédérations nationales suivantes n’ont pas répondu à l’enquête :
USDA - Andorre ;
CITUB-KNBS - Bulgarie,
SEK, TURK-SEN - Chypre,
AC, FTF - Danemark
EAKL, TALO - Estonie
AKAVA - Finlande
DGB - Allemagne
ADEDY - Grèce
AszSz, MOSz, MszOSz, SZEF, ESZT - Hongrie
BSRB - Islande
ICTU - Irlande
CISL - Italie
LANV - Liechtenstein
LPSS (LDS) - Lituanie
CMTU, GWU - Malte
USM - Monaco
MHP - Pays-Bas
OPZZ - Pologne
BNS, CNLSR-Fratia, CSDR - Roumanie
Csdl, CDLS - Saint Marin
STV-ELA - Espagne
Travail Suisse - Suisse
DISK, HAK-IS, KESK - Turquie
Trois fédérations syndicales européennes (sur 12) ont répondu à l’enquête. Il s’agit de : EuroCOP, EMF-FEM et d’un certain nombre d’affiliés de l’ETUCE (OAJ Finlande, SNUIPP France, SKOiW NSZZ Pologne, KTOS Chypre, KTOEOS Chypre, ATC UK , UTU UK, VPOD Suisse, DUT Danemark)
Les fédérations syndicales européennes suivantes n’ont pas répondu à l’enquête :
EFFAT
TCL-THC
EMCEF
EFBWW-FETBB
EPSU
UNI Europa
ETF
EAEA
EFJ
Composition des confédérations syndicales nationales
Un total de 46 confédérations nationales de 28 pays ont répondu à cette partie du questionnaire.
Afin d’évaluer l’ampleur des progrès accomplis en matière de réduction de l’écart de représentation des sexes, cette partie de l’enquête posait les mêmes questions qu’un questionnaire plus détaillé que tous les affiliés de la CES avaient été invités à compléter pour le Congrès de 2007. La plupart des confédérations qui ont répondu à cette section de l’enquête du 8 mars ont également répondu à la section correspondante du questionnaire de 2007 pour le Congrès et il a donc été possible d’établir des comparaisons. De nouvelles informations ont été fournies pour 4 confédérations.
16 confédérations ne font état d’aucun changement dans le nombre de leurs affiliées depuis 2007, 8 confédérations nationales signalent une baisse du nombre de leurs affiliées tandis qu’une petite majorité de confédérations (18) font état d’une augmentation du nombre d’affiliées depuis l’an passé.
Il est cependant intéressant de noter que ces chiffres masquent des différences importantes. Sur les 8 confédérations qui ont signalé une baisse de leur nombre de membres, ces diminutions vont de 0,2% à 5%. En outre, dans certains cas, des diminutions reflètent une baisse globale du nombre d’affiliés alors que pour d’autres ils s’inscrivent dans une augmentation globale du nombre d’affiliés.
De même, pour les confédérations nationales qui signalent une augmentation globale du nombre d’affiliées, les augmentations vont de 0,2% à 2,5 %. Une fois encore, certaines de ces augmentations sont le résultat de hausses globales des affiliations syndicales, mais dans la plupart des cas elles sont intervenues en dépit de baisses globales des niveaux d’affiliation syndicale ce qui révèle que, si certains syndicats veulent maintenir leur croissance, il est essentiel d’attirer davantage de femmes.
Femmes occupant des positions de pouvoir dans des confédérations syndicales nationales :
Avant de traiter la question du leadership dans les syndicats, il convient d’établir une distinction entre les pouvoirs des postes de leadership existants. Il s’agit en général du président, des vice- présidents, du secrétaire général et du secrétaire général adjoint. Dans certains syndicats (comme dans les syndicats nordiques, néerlandais, allemands, etc.), le président occupe la position la plus élevée de l’organisation, alors que dans d’autres (Italie, Espagne, Royaume-Uni, etc.), la direction politique est exercée par le Secrétaire général. Il est donc important de garder ces différences à l’esprit lorsqu’on examine les chiffres indiquant le nombre de femmes qui occupent des postes de direction dans les syndicats.
Toutes les confédérations n’ont pas répondu à cette section de l’enquête. Parmi celles qui l’ont fait, il semble à première vue exister une forte fracture nord/sud quant à la visibilité des femmes qui occupent des situations élevées dans les syndicats. Cependant, bien que nombre de syndicats nordiques enregistrent de bons résultats en la matière, un petit nombre d’autres syndicats opèrent des changements au sommet. Et pourtant, dans l’ensemble, les progrès sont lents et la marge d’amélioration est importante.
Actuellement, seules 4 confédérations indiquent avoir une femme pour président – UATUC, FNV, LO-Sweden et SACO, ce qui représente une baisse depuis le congrès de 2007 où le chiffre correspondant était de 7. Parmi les organisations qui ont répondu à l’enquête, 9 ont une vice- présidente (OGB, LDF, TCO, ASI, UNIO, STTK, CMKOS, YS et UATUC). Il convient de noter qu’un certain nombre de ces postes sont détenus conjointement avec des hommes. Une fois encore, ces chiffres révèlent une baisse du nombre de femmes à ces postes.
En ce qui concerne les secrétaires généraux, seuls 9 sont des femmes (OGB (conjointement avec un collègue masculin), LDF, LO-N, UNIO, FGTB, STTK et FNV, TCO et LTUC. La valeur de ce chiffre déjà faible est encore limitée si l’on considère que, dans certaines organisations, le secrétaire général n’est pas le dirigeant politique le plus important.
Parmi tous les Secrétaires généraux adjoints en place, seuls 4 sont des femmes. Elles siègent au sein du DEOK, l’USS, LCGB et du TUC et au moins une d’entre elles a été désignée conjointement avec un homme.
Enfin, une majorité des confédérations ont des secrétaires confédérales qui travaillent aux côtés de leurs homologues masculins.
Ecart salarial entre hommes et femmes
L’égalité des salaires demeure une question fondamentale pour la plupart des confédérations syndicales nationales qui ont répondu à l’enquête. Un grand nombre de syndicats ont constaté que l’écart salarial réel est en fait sensiblement plus élevé que ce qu’indique la Commission européenne, d’où la nécessité pour les syndicats de poursuivre leur action dans ce domaine.
Ces actions incluent la formation et la sensibilisation des affiliés et des négociateurs de conventions collectives, l’organisation de journées annuelles sur l’égalité des salaires, la participation à des activités nationales bipartites et tripartites, la réalisation de recherches sur l’ampleur de l’écart salarial, les obstacles éventuels à leur réduction, la manière de traiter le problème par la négociation collective, les travaux sur les systèmes de classification des emplois sans distinction de sexe.
Charte syndicale sur l’intégration de la dimension de genre
Parallèlement aux activités sur des questions spécifiques d’égalité des sexes telles que l’écart de salaires entre hommes et femmes, de nombreuses confédérations syndicales nationales sont très actives dans l’intégration de la dimension du genre dans leurs activités et leur politique. Un grand nombre de confédérations ont mis en place une forme de charte syndicale sur l’intégration de la dimension du genre, qui reflète les principes exposés dans la charte de la CES adoptée durant le Congrès de 2007. Dans certains cas, ces chartes existent depuis quelques années, dans d’autres elles sont une initiative plus récente. Cependant, un petit nombre de syndicats affirment qu’un tel instrument n’existe pas et certains prévoient son introduction dans les mois à venir. Rares sont les confédérations qui ont traduit la charte de la CES dans leur propre langue et qui la diffusent activement à leurs membres pour discussion.
Quelques rares syndicats ont apporté des changements à leurs statuts qui visent à assurer la présence des femmes dans divers organes et à promouvoir l’intégration de la dimension du genre dans toute l’ organisation.
Il existe aussi des exemples d’activités syndicales nationales combinées destinées à présenter une charte syndicale nationale, ainsi que des efforts transnationaux visant à promouvoir l’intégration des de la dimension de genre par un échange de pratiques.
Fédérations syndicales européennes
Nous n’avons reçu de réponses que de 2 sièges de fédérations syndicales – EMF-FEM et EuroCOP - ainsi que plusieurs réponses nationales d’ETUCE. Compte tenu du très petit taux de réponse reçu, il est impossible d’établir des comparaisons significatives avec les réponses reçues dans le cadre de l’enquête du Congrès de la CES. Cette situation est très décevante car nous sommes conscients des progrès réalisés dans un certain nombre de FSE.
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