
Pour une mise en oeuvre plus équilibrée de la Stratégie de Lisbonne
La CES demande un réalignement radical de la politique économique et sociale de l’UE
“Dans le contexte de l’élargissement de l’Union, nous avons plus que jamais besoin d’une nouvelle direction de la politique économique, une direction qui accorde un poids égal à l’offre et à la demande et qui ramène la dimension sociale de l’Europe au centre des préoccupations politiques » a déclaré la CES.
Les réformes structurelles en soi ne vont pas réaliser les objectifs de Lisbonne. La CES a critiqué les politiques unilatérales adoptées par de nombreux États membres - dérégulation des marchés de l’emploi et démantèlement des services sociaux - qui contribuent à éroder la confiance tant des travailleurs que des consommateurs.
Les dirigeants de l’UE doivent choisir « l’autoroute de la société du savoir » en faisant de la qualité des emplois une priorité première, a déclaré John Monks, le Secrétaire général de la CES.
La CES demande :
que la Banque centrale européenne promeuve une plus grande stabilité économique et relance la demande intérieure, y compris par une réduction supplémentaire des taux d’intérêts ;
que des investissements dans les technologies environnementales ouvrent de nouveaux marchés et créent des emplois à haute qualification ;
qu’une action soit entreprise pour stimuler l’emploi et le potentiel de productivité de l’Europe : un chômage de 17% parmi les jeunes est inacceptable, autant que l’est un fossé salarial qui peut atteindre les 21% entre les sexes ;
qu’un nouvel engagement soit pris en faveur de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’apprentissage tout au long de la vie.
Le partenariat social, le dialogue social et la participation des travailleurs ne sont pas seulement des éléments-clés du modèle social européen, ils contribuent aussi à stimuler l’innovation et un processus de réforme qui prenne en compte le facteur humain. La CES demande instamment aux dirigeants de l’UE d’établir un équilibre entre flexibilité et sécurité - la flexicurité - pour les travailleurs.
Avec l’élargissement de l’UE, le 1er mai 2004, la division de l’Europe sera devenue de l’histoire ancienne et l’intégration européenne entrera dans une phase nouvelle. Mais dans l’Europe unie de demain, il faut que le succès économique soit couplé à la justice sociale. La compétitivité, la croissance durable et la cohésion sociale doivent signifier accroissement de productivité, développement de qualifications, salaires élevés. La CES et ses organisations membres sont prêtes à contribuer au succès de la stratégie de Lisbonne, mais pas au détriment des travailleuses et des travailleurs de l’Europe.
“Les travailleurs soutiennent l’Union européenne parce qu’on leur a promis une forte dimension sociale, mais cette promesse n’est pas tenue” déclare le Secrétaire général de la CES, John Monks. “ Les perspectives sont maintenant opposées : un marché unique, avec de moins en moins de restrictions et de moins en moins de protection pour les travailleurs. Rien ne se passe dans les domaines cruciaux de la réglementation et de la protection sociales, comme par exemple le travail intérimaire ou les possibilités d’emploi pour les femmes.”
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