ETUC
31/10/2008

Il ne faut pas laisser tomber l’économie réelle !

Le rapport d’automne 2008 de la Confédération européenne des syndicats (CES) sur la situation économique tire le signal d’alarme sur l’économie réelle. L’économie continuera de décliner au cours de l’année à venir et le chômage d’augmenter. Alors que l’inflation devrait commencer à chuter rapidement, les décideurs politiques doivent à tout prix s’efforcer d’éviter d’être enferrés dans une déflation de type japonais. Par conséquent, la CES appelle à un dosage de mesures différent : les politiques fiscales et monétaires doivent être expansionnistes ; des programmes d’investissement robustes doivent être mis en place afin de moderniser l’économie et ce, en corollaire à de fortes baisses des taux d’intérêt.

 

Les gouvernements européens et les banques centrales essaient de sauver l’économie financière en soutenant directement l’activité bancaire et en réduisant les taux d’intérêt. Ces mesures sont nécessaires et bienvenues. Cependant, l’économie réelle a aussi besoin d’urgence de l’épargne. L’activité économique, la demande globale et les emplois requièrent un soutien immédiat. En l’absence d’un tel soutien, le ralentissement de l’économie réelle :

- détruira une grande partie des capitaux destinés au sauvetage des banques ;
- fera rapidement baisser l’inflation, renforçant ainsi le risque que l’inflation devienne négative et que l’économie soit prise dans le piège de la déflation.

La CES exhorte les décideurs européens à éviter les erreurs politiques que le Japon a commises :

- la politique monétaire doit gagner la course contre la déflation. Les taux d’intérêt doivent être réduits rapidement et sensiblement avant que l’inflation n’atteigne le degré zéro ;
- il faut éviter la flexibilité salariale descendante ; sinon, le processus déflationniste enregistrera une poussée majeure ;
- le travail précaire, qui affaiblit la position des travailleurs en termes de négociation, est un autre accélérateur de la déflation ;
- le renforcement procyclique de la politique fiscale doit être évité et il faut accepter une augmentation de la responsabilité publique afin de compenser le déclin de l’endettement privé.

La CES réclame une autre approche en termes d’élaboration des politiques macroéconomiques. L’élaboration des politiques fiscales et monétaires doit être expansionniste. Nous avons besoin d’une expansion fiscale rapide, grâce à des dépenses d’investissement, afin d’atténuer les chocs que subira autrement l’activité économique en 2009. La politique monétaire doit assister la politique fiscale en s’engageant dans de fortes baisses des taux d’intérêt, offrant ainsi des fonds moins onéreux aux gouvernements. Pour ce faire, un Fonds d’investissement européen, absorbant l’épargne excessive du reste du monde et canalisant cette épargne dans les investissements en Europe, doit être créé.

John Monks, Secrétaire général de la CES a déclaré : « L’Europe est confrontée au danger d’un scénario à triple D : réduction de la dette conduisant à la dépression, menant à la déflation, et de là un retour à une dette excessive et à un effet de levier inversé. Nous avons besoin de l’impulsion de la Commission, du Conseil et des banques centrales pour éviter ce scénario à tout prix ».

Pour plus d’information :

Voir le Rapport d’automne 2008 de la CES sur la situation économique (seulement disponible en anglais).



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Dernière modification:novembre 6 2008.