ETUC
06/12/07

La CES déplore le blocage de mesures sociales clé

Après l’échec essuyé par le Conseil de l’emploi de l’UE, qui n’est pas parvenu à aboutir à un accord sur deux mesures politiques sociales importantes, à savoir le projet de directive sur le travail temporaire et la proposition de révision de la directive existante sur le temps de travail, le Comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES) réuni les 5 et 6 décembre a déploré l’incapacité à élaborer une Europe offrant un espace social de vie et de travail tout en soutenant des marchés ouverts. A la veille de la signature du Traité de réforme, le message ainsi envoyé aux citoyens et aux travailleurs concernant les ambitions de l’Europe, est très négatif.

 

Selon la CES, la mobilité transfrontalière accrue des travailleurs, des entreprises et des agences intérimaires, qui révèle une européanisation des marchés de l’emploi, exige des règles afin d’assurer une concurrence équitable et de protéger les travailleurs. Le Royaume-Uni, qui est à la tête d’un groupe de moins en moins important d’États membres, est cependant opposé à cette vision et affirme que les propositions de la présidence portugaise porteraient atteinte à la flexibilité de ses marchés de l’emploi et se traduiraient par des pertes d’emploi.

Le Secrétaire général de la CES, John Monks, a déclaré : « Nous sommes lassés par le refrain des entreprises britanniques auquel le gouvernement du Royaume-Uni donne un écho peu critique. Rien ne vient étayer ce pessimisme. Lorsque le salaire minimum a été introduit au Royaume-Uni, certains avaient prédit la perte d’emplois. Cette menace ne s’est jamais concrétisée, mais le pessimisme réapparaît. Comment est-il possible que d’autres pays de l’UE parviennent à engranger de bons résultats en termes de croissance économique et de faible taux de chômage sans déroger à la législation sur le temps de travail, et en appliquant des règles d’égalité de traitement des travailleurs intérimaires ? Le Royaume-Uni affirme-t-il réellement que ses entreprises ont besoin d’un avantage concurrentiel basé sur de longues heures de travail, nuisibles pour la santé et peu sociales, et sur de mauvaises conditions de travail pour les travailleurs migrants temporaires ? Et comment l’Allemagne, qui dispose déjà d’une réglementation récente sur l’égalité de traitement pour les travailleurs temporaires, peut-elle soutenir cette position ? ».

Le fait qu’une forte majorité des 27 Etats membres de l’UE est convaincue qu’il est urgent de trouver des solutions aux deux questions, est un signe positif, a déclaré John Monks. Pour la CES, ces solutions ne doivent pas aboutir à des marchandages sur la protection de la santé et de la sécurité de tous les travailleurs en termes de temps de travail par rapport à la protection des travailleurs intérimaires, et les deux questions doivent être résolues de manière durable. La CES fera pression afin d’aboutir à une solution dans le courant de 2008, lorsque les questions figureront à nouveau à l’ordre du jour, en fonction des conclusions du Conseil.



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Dernière modification:décembre 7 2007.