ETUC

Mettre en évidence la qualité du travail : c’est la clé pour atteindre les objectifs de Lisbonne

La Confédération européenne des syndicats (CES) demande instamment aux ministres de l’Emploi et des Affaires sociales réunis ce 4 mars de mettre en évidence la qualité du travail et l’amélioration des conditions de travail dans les conclusions du Sommet du Printemps, qui doit se tenir les 25 et 26 mars prochains.

“Si l’on veut restaurer la voie d’une productivité élevée et d’un haut niveau de croissance, l’Europe doit mettre la qualité du travail et l’amélioration des conditions de travail au centre de sa politique ”, a déclaré John Monks, Secrétaire général de la CES.

La stratégie de Lisbonne a déraillé sur les trois fronts : la croissance reste faible, l’emploi continue de chuter au lieu de décoller, et, ce qui est encore plus grave, la tendance à la hausse de la productivité du travail s’est interrompue. Si elle veut traiter et inverser ce ralentissement de productivité, l’Europe doit renforcer et non pas affaiblir sa dimension sociale en améliorant les conditions de travail.

La CES demande instamment aux ministres de l’Emploi et des Affaires sociales, qui sont réunis ce 4 mars, de souligner ce message politique et de l’inclure fermement dans les conclusions du Sommet de Printemps, à la fin mars.

Quelques-uns des indicateurs témoignant du lien entre qualité du travail et productivité :

· Une augmentation de 1% du nombre des travailleurs qui ont accès à la formation se traduit par une augmentation de la productivité de 0,3%. En même temps, 50% des travailleurs n’ont pas accès à la formation : ce sont essentiellement des travailleurs très peu qualifiés, des travailleurs âgés mais aussi des femmes, qui, en raison de leur forte implication dans des contrats atypiques se retrouvent exclus de la formation ;

· Les contrats de travail atypiques peuvent dans certains cas agir comme un tremplin ; dans de nombreux autres cas, ils peuvent constituer des pièges « de faible productivité ». 39% des travailleurs sous contrat à durée déterminée se retrouvent dans la même situation après un an ; 22% des travailleurs retombent dans l’inactivité ;

· Le travail intérimaire dans les secteurs à risque induit un nombre élevé d’accidents de travail, au détriment de l’employabilité future de ces travailleurs ;

· Avec la sécurité d’emploi comme facteur-clé de la satisfaction professionnelle, l’introduction d’une flexibilité excessive se révélera contre-productive du point de vue de la productivité des travailleurs.



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Dernière modification:janvier 17 2005.