ETUC
18/01/07

La CES demande aux ministres de l’emploi de l’Union européenne de promouvoir des emplois de qualité et de placer la qualité du travail au coeur de la discussion sur la flexicurité

Les partenaires sociaux européens ont rencontré aujourd’hui à Berlin la "troïka" sociale (les ministres de l’emploi et des affaires sociales d’Allemagne, Portugal et Slovénie), la Commission européenne, la Plate-forme sociale et le Parlement européen, avant la réunion informelle des ministres européens de l’emploi et des affaires sociales qui discutera des "emplois de qualité". À la tête de la délégation syndicale, John Monks, Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), a demandé instamment aux ministres de travailler ensemble pour promouvoir de meilleurs emplois et lutter contre la progression du travail précaire en Europe, plutôt que de chercher à imposer la flexibilité au détriment de la sécurité de l’emploi et des conditions de travail.

 

La réunion informelle des ministres se concentre sur l’amélioration de la qualité du travail et sur le Livre vert de la Commission européenne, consacré à la "modernisation du droit du travail". La CES salue la décision de la présidence allemande de débattre de la question urgente de la qualité du travail en Europe. La CES est prête à prendre part au débat sur la "flexicurité", mais uniquement si des emplois sûrs et de qualité sont au centre de la discussion. La flexicurité doit bénéficier tant aux travailleurs qu’aux entreprises.

« Les travailleurs supportent déjà un lourd fardeau en devant s’adapter aux restructurations, à de nouvelles conditions d’emploi et à la flexibilité accrue que l’on exige d’eux », déclare John Monks. « Les groupes vulnérables, qui occupent des emplois précaires offrant peu de protection, sont confrontés à une situation encore pire. Ce qui crée, en Europe, un marché du travail à deux vitesses, qu’il faut résoudre de toute urgence. » Les chiffres révèlent une augmentation du travail à temps partiel et du travail à durée déterminée non souhaités. Quelque huit millions de travailleurs à temps partiel sont dans l’impossibilité de trouver un emploi à temps plein. La moitié des jeunes travailleurs sont obligés d’accepter des contrats de courte durée. Les décideurs européens doivent écouter les 80% de travailleurs qui affirment que la sécurité de leur emploi est l’aspect le plus important d’un travail de qualité.

La CES est préoccupée par le fait que le débat sur le Livre vert est détourné par le problème de la flexicurité, qu’on se concentre spécifiquement sur une diminution des réglementations, ce qui crée une ’jungle’ de contrats d’emploi et facilite les licenciements, au lieu de s’attacher à améliorer les conditions de travail. Sur le marché du travail émergent en Europe, la CES demande une re-réglementation et non une déréglementation, et elle réaffirme que des contrats d’emploi standard et une solide protection du travail doivent rester la règle.

« Des conditions d’emploi incertaines déboucheront sur des formations médiocres, une maigre productivité et une faible innovation pour l’ensemble des travailleurs », déclare John Monks. « Au lieu de cela, nous devons travailler ensemble à développer de nouvelles idées afin de créer des emplois de bonne qualité. »

La CES demande instamment aux ministres de l’emploi de rédiger un rapport commun sur la qualité du travail en Europe, et de présenter ce rapport et d’en discuter sous la présidence portugaise, dans l’esprit du débat sur les principes communs relatifs à la flexicurité.



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Dernière modification:juillet 12 2007.