ETUC

La CES recommande avec insistance au Conseil européen de soutenir la reprise économique

« La situation économique actuelle de l’Europe ainsi que la chute du dollar vont réduire davantage les projets de croissance européenne. En attendant, les travailleurs ont fait plus qu’une part équitable de leur travail. Des augmentations salariales nominatives faibles voire inexistantes ont écarté le spectre de l’inflation, mais ce type de modération salariale va également restreindre la consommation des ménages. C’est maintenant aux décideurs européens à faire cesser ces bavardages non fondés quant aux dangers de l’inflation. Ils doivent plutôt agir et soutenir la demande interne et ils doivent agir maintenant », déclare John Monks, Secrétaire Général de la Confédération européenne des syndicats.

 

L’Europe n’a pas réussi à raccrocher sa propre reprise économique à l’expansion mondiale en cours. Le manque de soutien aux politiques relatives à la demande intérieure sont au cœur de ce problème. Tant les politiques fiscales que monétaires ont réagi trop lentement et trop tard. Ce faisant, ils ont laissé la confiance des consommateurs et des producteurs s’évanouir au lieu de faire en sorte que celle-ci ne soit pas la première à disparaître. Le résultat final de cette attitude « laisser voir venir » en est que la relance est toujours faible malgré des taux d’intérêt bas et des déficits en hausse.

Face à un nouvel affaiblissement de la croissance et à la chute du dollar, l’Europe ne peut pas continuer sur cette voie. Au lieu d’espérer « coller » aux politiques de demande expansionnistes des Etats-Unis, l’Europe devrait prendre en main les questions relatives à la demande intérieure.

La CES propose :· D’étendre « l’Initiative Croissance » à une « Initiative de relance ». Avec un impact de 0,05% du PIB, « l’Initiative Croissance » est à peine visible et ne peut fonctionner comme un levier en ce qui concerne la confiance. C’est pourquoi le Conseil européen devrait inviter les Etats membres à présenter des « plans nationaux pour la relance économique » qui augmenteraient d’1% du PIB les investissements dans l’éducation, les logements sociaux et le développement durable. Si elle est menée de manière coordonnée, une telle approche aurait des effets très importants sur l’amélioration de la confiance.

De réformer le Pacte de Stabilité et de Croissance. La position de l’économie dans le cycle des affaires devrait être prise davantage en considération lors de la mise en application du Pacte. Une baisse prolongée de la croissance devrait être perçue comme une « circonstance exceptionnelle », permettant une brèche temporaire dans les 3% de déficit. Ainsi, le rythme de réduction du déficit devrait dépendre de la situation de la croissance économique : une forte réduction du déficit dans les périodes favorables, une réduction limitée du déficit dans les mauvaises périodes.

La Banque centrale européenne a encore la possibilité d’agir. Les taux d’intérêt sont bas, mais les performances économiques restent maussades et les dangers d’inflation sont pure imagination. Comparé aux Etats-Unis où les taux d’intérêt ont été réduits à un taux très bas d’1% et actuellement de 2% dans la zone euro, la possibilité d’agir en Europe existe encore. Refuser de laisser les taux d’intérêt réel descendre en dessous de zéro n’est pas particulièrement utile dans la situation actuelle.

D’éviter une appréciation brutale de l’euro. Il faut ici clairement informer les marchés financiers quant au fait qu’une appréciation brutale de l’euro n’est pas acceptable. De fait, ce genre d’action doit être soutenu par des échanges d’interventions précises et ponctuelles sur le marché ainsi que par des taux d’intérêt appropriés qui découragent les flux de capitaux dans la zone euro.

Le document de fond disponible uniquement en anglais présente une analyse plus détaillée sur la situation économique actuelle, les récents développements salariaux et les propositions de la CES pour sauver la relance économique.



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Dernière modification:février 11 2005.