
10 ème Conférence des Nations Unies sur le changement climatique : le mouvement syndical européen appelle a plus d’ambition pour plus de progrès social
A l’ouverture de la 10ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP 10), qui se tiendra du 6 au 17 décembre 2004 à Buenos-Aires, le mouvement syndical européen, qui sera représenté par la Confédération européenne des syndicats (CES) et des organisations syndicales belges, espagnoles et italiennes, appelle la délégation européenne à débattre ouvertement de l’expérience de l’Union européenne en matière de politiques climatiques et à promouvoir un accord global aux objectifs environnementaux ambitieux et également porteur de progrès social pour les pays du Sud comme du Nord.
Le mouvement syndical européen a soutenu la mise en oeuvre précoce du protocole de Kyoto dans l’Union européenne, car il est convaincu que le coût de l’absence d’action, pour le social, l’environnement et l’économie excède le coût des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La transition vers une économie peu intensive en carbone est une opportunité pour le progrès social et la création d’emplois de meilleure qualité, à condition cependant que les mesures permettant d’anticiper et de gérer équitablement les restructurations industrielles induites soient mises en place.
Lors de la conférence COP10, la CES fera entendre ses préoccupations et propositions concernant les points suivants :
la crédibilité de l’UE dans les négociations qui s’annoncent sur « l’après 2012 » dépend de ses actions internes. L’UE doit donc intensifier ses efforts de réduction des émissions, en s’appuyant sur ses avantages, qui sont nombreux : une économie peu intensive en énergie, la maîtrise des technologies de l’environnement, une faible croissance démographique et une main-d’oeuvre qualifiée et organisée. L’ensemble des instruments disponibles doit être utilisé, en particulier la réglementation, la fiscalité, y compris au niveau mondial, des programmes d’investissement et de R&D européens et le mode de régulation des marchés de l’énergie, en tenant compte des impacts sociaux et sur l’emploi.
avec l’intensification des efforts de réduction, l’UE devra dépasser le stade de la définition des objectifs et des instruments, pour s’attacher à produire un véritable consensus démocratique, à la hauteur des enjeux sociaux et sociétaux liés à la transition qui s’annonce. Le dialogue entre les partenaires sociaux et les gouvernements, qui a largement prouvé son efficacité dans l’anticipation et la gestion des restructurations industrielles, par exemple avec la CECA dans le charbon et l’acier, reste en grande partie à développer dans le domaine des politiques environnementales.
la considération centrale qui sera accordée pour la première fois à COP10 aux impacts sociaux du changement climatique et des mesures d’atténuation est un élément de satisfaction. La Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) et le TUAC (Trade Union Advisory Committee to the OECD) insistent depuis longtemps pour que l’agenda de la lutte contre le changement climatique soit coordonné avec les engagements internationaux existants en matière d’éradication de la pauvreté et de développement de l’emploi décent, en tenant compte des huit normes fondamentales du travail définies par l’Organisation internationale du Travail (OIT) (n°87 et 98 relatives à la liberté syndicale et le droit d’organisation et de négociation collective, n°29 et 105 relatives à l’abolition du travail forcé, n°100 et 111 relatives à l’abolition de la discrimination liée à l’emploi et à la profession, n° 138 et 182 relatives à l’abolition effective du travail des enfants).
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