
La CES condamne la décision de l’UE sur les systèmes généralisés de préférences
La décision prise aujourd’hui par la Commission européenne d’octroyer des préférences commerciales spéciales à quelques-uns des pires violeurs des droits syndicaux dans le monde, traduit bien pour la Confédération européenne des syndicats (CES) l’incohérence sérieuse qui caractérise la politique déclarée de l’Union européenne d’utiliser des incitants positifs pour obtenir de ses partenaires commerciaux qu’ils respectent les droits des travailleurs. En vertu de cette décision, des avantages commerciaux spéciaux seront accordés à 15 pays* dans le cadre du nouvel arrangement d’incitants spéciaux du Système Généralisé de Préférences ( incitants « SGP+ »).
Le système SGP+ accorde un accès préférentiel aux marchés européens pour les biens et les services en provenance de pays en voie de développement répondant à certains critères internationaux, comprenant notamment le respect des conventions de base de l’OIT (liberté d’association, de négociation collective, de non-discrimination en matière d’emploi et d’éradication du travail des enfants et du travail forcé).
“La Commission ne peut ignorer, a déclaré John Monks, le Secrétaire général de la CES, l’une des pierres angulaires de son système généralisé de préférences et a fortiori des valeurs fondamentales de l’Union européenne, le respect des droits fondamentaux du travail, et accorder des préférences commerciales spéciales à ces 15 pays, qui tous individuellement ont été critiqués par l’Organisation Internationale du travail (OIT) de l’ONU ».
Il a ajouté “Maintenant que la décision a été prise, nous attendons de la part de la Commission qu’elle veille à ce que les pays bénéficiaires acceptent et respectent pleinement les mécanismes de contrôle et de révision prévus dans les conventions correspondantes et dans les instruments pertinents”
La CES s’est ralliée aux Fédérations syndicales mondiales, la Confédération indépendante des syndicats libres (CISL) et la Confédération mondiale du Travail (CMT) pour exprimer leurs vives préoccupations suite à cette décision de l’Union européenne. La déclaration commune peut être consultée sur le site Internet suivant : www.icftu.org
* Les pays concernés sont : la Bolivie, la Colombie, le Costa Rica, l’Equateur, Le Salvador, la Géorgie, le Guatemala, le Honduras, la Moldavie, la Mongolie, le Nicaragua, le Panama, le Pérou, le Sri Lanka et le Venezuela.
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