
La conférence de l’OMC doit prendre en compte les droits fondamentaux et l’emploi
Les délégués de la Confédération européenne des syndicats présents à la 6ème Conférence de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) demandent aux négociateurs une réelle prise en compte des conditions de travail, des droits fondamentaux et des libertés de négociation, que ce soit dans le domaine des services ou dans le domaine agricole. La CES insiste également sur la nécessaire marge de manoeuvre qui doit être accordée aux pays du Sud pour soutenir et renforcer leur développement.
Une délégation des syndicats européens conduite par Joël Decaillon, secrétaire confédéral de la CES a été reçue par la Commission le 15 décembre 2005. Au cours de l’entretien, Joël Decaillon a fait part de ses vives inquiétudes sur l’état actuel des négociations de la 6ème Conférence ministérielle de l’OMC, en particulier sur le risque de laisser de coté les droits fondamentaux et l’emploi. Que ce soit dans le domaine agricole, des services ou de l’accès au marché des produits non agricoles, il devient urgent que les négociateurs prennent en compte l’emploi, les conditions de travail, le droit syndical et les libertés de négociation, tout comme ils doivent prendre en compte la santé publique et l’environnement.
Depuis Cancun, l’Union européenne, traversée par sa crise interne, n’a pas suffisamment évalué l’évolution des pays émergents et les nouveaux rapports de force qui s’exerceraient dans les négociations internationales. La CES, en réaffirmant que l’Europe doit conduire ses politiques internationales en faisant référence aux droits fondamentaux, confirme que les solutions dans le commerce mondial passent par ce nécessaire rééquilibrage.
Les syndicats, prenant en compte la reconnaissance de la coopération avec les agences de l’ONU dans le projet de déclaration finale, demandent qu’une référence explicite à l’Organisation internationale du travail (OIT) soit introduite.
Le développement ne peut pas apparaître comme un point isolé des négociations. Il doit être présent dans l’ensemble des sujets à l’ordre du jour et constituer un élément d’évaluation des accords réalisés à Hong Kong. Les financements promis par les pays développés pour l’aide au commerce doivent être réellement additionnels ; ils ne doivent pas provenir d’une réaffectation de financements existants.
Dans les négociations sur les biens industriels, les pays du Sud doivent disposer des marges de manoeuvre leur permettant de mettre en place des stratégies nationales de développement industriel légitime, insiste la délégation syndicale.
Concernant les services, les syndicats appellent l’Union européenne à cesser d’imposer une nouvelle méthode de négociation obligatoire, qui contredit la possibilité pour les pays de choisir librement la nature des services qu’ils veulent négocier au niveau international.
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