La CES considère qu’il est contradictoire de vouloir, d’une part, plus d’Europe et de l’autre, réduire le budget communautaire. Cette décision aboutirait à un affaiblissement de l’Union européenne alors que son renforcement est plus que jamais indispensable y compris pour être à même de peser sur la scène mondiale.
L’Union européenne a un défi majeur à relever : celui de construire des fondements solides qui permettent de combler les différences qui se sont approfondies après l’élargissement. Elle doit également intégrer les nouveaux Etats membres, de façon à exploiter le potentiel de l’élargissement en vue d’accroître la prospérité et la qualité de la vie des citoyens européens. Relever ce défi se traduit d’abord par un effort financier considérable pour cofinancer les politiques européennes dans les Etats en retard de développement basées sur le principe de solidarité. Dans ce contexte, la proposition de la Présidence britannique d’accorder moins de ressources aux nouveaux Etats membres est tout à fait inconséquente.
Un autre défi important à relever consiste à modifier les politiques, et les doter de moyens financiers indispensables afin d’atteindre les objectifs de la Stratégie de Lisbonne, en particulier dans le domaine de l’emploi et de la politique sociale, de la cohésion sociale et de la qualité de vie et du développement durable. Dans ce cadre, la politique sociale est un pilier de la construction européenne qui doit se voir doter des ressources financières suffisantes afin de maintenir et renforcer le modèle social européen.
Une limitation des ressources propres contraindrait à opérer des coupures dans toutes les politiques actuelles et à abandonner les engagements pris. Par ailleurs réduire le budget des politiques structurelles n’est de toute évidence pas la meilleure stratégie à adopter lorsque l’Europe est remise en question et lorsque les citoyens européens sont inquiets pour leur avenir.
Au vu de ces observations, la CES estime qu’il est fondamental de remettre en cause aussi bien les propositions des pays qui ont demandé la limitation du budget communautaire à 1% du revenu national brut (RNB) de l’UE que celles de la Commission et du Parlement européen. La CES demande avec force un accroissement des ressources propres du budget communautaire pour la période 2007-2013, en les portant au-delà du cadre budgétaire en vigueur qui les plafonne au niveau maximal de 1,24% du RNB. Une augmentation du budget européen est non seulement nécessaire mais l’UE doit également veiller à la qualité des investissements faits, à leur impact réel et leur caractère durable.
Les responsables politiques européens et nationaux doivent afficher une ambition plus affirmée pour l’Union européenne en lui donnant les moyens d’exister, de se renforcer et de progresser tant au niveau européen qu’international.
Résolution de la CES : Les perspectives financières de l’UE 2007-2013
