ETUC
05/12/05

La CES demande aux ministres européens des finances de ne pas faire peser toute la charge de l’adaptation à la mondialisation sur les travailleurs !

Le 6 décembre, les ministres européens des finances examineront les conséquences de la mondialisation. La Confédération européenne des syndicats (CES) invite les ministres des finances à rétablir le soutien apporté à l’Europe par les travailleurs en apportant une réponse équilibrée aux préoccupations des travailleurs concernant la "délocalisation". Les ministres des finances ne doivent pas commettre l’erreur d’utiliser la mondialisation comme alibi pour saper les droits des travailleurs et la protection sociale.

 

"La mondialisation doit apporter une valeur ajoutée à l’économie européenne. Permettre aux entreprises de licencier des travailleurs du jour au lendemain et obliger les chômeurs à accepter des emplois peu qualifiés va à l’encontre de la volonté des travailleurs à exercer de meilleurs emplois. Cela permet uniquement aux entreprises de faire de plus gros profits en créant un sentiment d’insécurité générale au sein de la main-d’oeuvre," déclare John Monks, Secrétaire général de la CES.

La CES reconnaît que la mondialisation permet d’améliorer le niveau de vie. Mais elle risque également de provoquer de profondes divisions au sein de la société en créant quelques gagnants et beaucoup de perdants. La mondialisation ne peut bénéficier à la majorité que si les travailleurs jouissent de droits renforcés qui leur permettent de faire face au changement de manière positive. Cela implique :

- 1 L’information et la consultation : les directives européennes sur l’information et la consultation et sur les Comités d’entreprise européens doivent être améliorées afin que les représentants des travailleurs puissent contribuer efficacement à la gestion du changement et à l’identification des défis futurs en temps voulu.
- 2 La protection adéquate des employés et le préavis : le préavis donne aux travailleurs une longueur d’avance dans la recherche d’un nouvel et meilleur emploi et leur permet de disposer du temps requis pour se préparer à ce processus.
- 3 Le droit à une réinsertion positive sur le marché du travail:chaque travailleur licencié pour cause de suppression d’emplois devrait avoir le droit à un recyclage. En Suède et en Finlande par exemple, les fonds des partenaires sociaux financent l’orientation professionnelle, le recyclage et l’expérience professionnelle ("stages") dans d’autres entreprises à partir du moment où le travailleur reçoit un avis de licenciement.
- 4 L’accès à la formation continue : les travailleurs moins qualifiés courent un plus grand risque de restructuration d’emploi tout en ayant un accès limité à la formation professionnelle continue. Dans de nombreux Etats membres, les conventions collectives traitent cette défaillance du marché en organisant des fonds de formation (sectoriels) qui donnent aux travailleurs le droit d’avoir accès à la formation.
- 5 Assurance sociale : les allocations de chômage adéquates sont essentielles pour financer la recherche d’emplois et le recyclage, afin que les travailleurs qualifiés aient des emplois productifs.



Vos commentaires sont importants pour nous.
Avez-vous trouvé cette page intéressante ?
Avez-vous un commentaire ?
 Vous pouvez répondre à cet article ici.



Dernière modification:décembre 5 2005.