
Il est vital de sauver l’Europe sociale si l’on veut sauver l’Europe
« Si l’Europe sociale est attaquée, c’est le concept d’Europe tout entier qui se trouvera en grand danger », avertit aujourd’hui John Monks, Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), dans la perspective du sommet de l’UE qui se tiendra la semaine prochaine à Londres.
« Si l’Europe sociale est délaissée, alors ce qui reste encore du soutien populaire en faveur de l’Europe continuera de s’étioler davantage », ajoute-t-il.
La CES oppose une réaction forte aux critiques qui prétendent que l’Europe sociale serait obsolète ou n’existerait pas, que la réalité consisterait en 25 systèmes nationaux bien séparés (ou encore cinq catégories de systèmes) et que la politique sociale devrait par conséquent cesser d’être considérée au niveau européen.
Ces critiques oublient un facteur d’une importance gigantesque : il existe à présent un seul grand marché unique, qui couvre 25 pays. Dans certains secteurs tels que la construction, l’hôtellerie, la restauration et les transports routiers, nous sommes, de manière croissante, confrontés à un marché du travail unique. Or, comment peut-il y avoir un marché unique sans normes communes ? Par exemple, à quelles conditions les travailleurs migrants doivent-ils opérer, et de quelle juridiction dépendent-ils ? Quel est le statut des conventions collectives au sein du marché unique ? La législation régissant le marché unique (législation européenne) prime-t-elle l’importance du droit de grève (qui relève de la législation nationale) ? S’il existe 25 systèmes indépendants les uns des autres, de quelle marge de manœuvre les différentes nations disposent-elles pour protéger le droit à établir des conventions collectives ou le droit de grève ?
Ces questions, et d’autres encore, doivent recevoir rapidement une réponse au niveau européen, à travers une action concertée de la part du Conseil des ministres, de la Commission européenne et des partenaires sociaux. Le document de la CES adopté lors de son comité exécutif du 19-20 octobre, intitulé “Forger une Europe forte et sociale” présente un agenda pour le changement, pour des efforts communs et pour des actions.
John Monks déclare : « Ce point est crucial, non seulement pour l’avenir de l’Europe sociale, mais pour l’avenir de l’Europe tout court ».
Forger une Europe forte et sociale (Résumé)
Forger une Europe forte et sociale ( Contribution de la CES au débat)(Projet)
L’Europe a besoin de politiques macroeconomiques plus souples(Un pamphlet de la CES)
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