
La CES demande instamment à la Banque centrale européenne de réduire les taux et de soutenir la confiance économique
La formation des salaires fait les frais de l’absence prolongée d’une véritable reprise. En 2004, dans l’ensemble de la zone euro, il n’y a pas eu de véritables augmentations de salaire réelle, et le rythme des augmentations de salaire nominal continue à baisser pour 2005/2006. Ceci signifie qu’il n’y a aucun danger d’effets secondaires inflationnistes découlant du prix élevé du pétrole. Le danger réside plutôt dans la modération salariale excessive, qui pousse la zone euro à la limite de la déflation. Afin d’éviter un tel résultat , la BCE doit rassurer le public européen quant à son double mandat : préserver la stabilité des prix et veiller à ce que l’économie fonctionne à son plein potentiel. La BCE peut entamer cette action en réduisant les taux d’intérêts dans les plus brefs délais.
Selon John Monks, secrétaire général de la CES : « Le modèle de la ‘désinflation concurrentielle’ est une politique dangereuse pour une économie relativement fermée de la taille de la zone euro. La ‘désinflation compétitive’ ne génère pas plus d’emplois ni d’investissements. Au contraire, elle échappe au contrôle et entraîne une ’instabilité compétitive’. La BCE doit cesser de livrer une bataille inflationniste appartenant au passé et plutôt réduire les taux d’intérêts afin de soutenir la croissance et renforcer la confiance économique. »
Principaux points du rapport de la CES :
• Le ralentissement continu de la zone euro est ‘fait maison’. Il est lié au défaut de mise en oeuvre de mesures anti-cycliques. Les conditions de politique monétaire, notamment, sont devenues nettement moins accommodantes depuis le début du ralentissement économique : les baisses des taux d’intérêts n’ont pas été assez importantes pour compenser les effets négatifs de l’appréciation de l’euro.
• La réticence de la BCE à mener une politique anti-cyclique active peut s’expliquer par le modèle de la ‘désinflation compétitive’. Dans ce modèle, la banque centrale n’a pas besoin d’intervenir pour stabiliser l’économie. Au lieu de cela, la croissance économique est supposée provenir de la demande d’exportations résultant de la modération salariale. Pourtant, si elle emprunte la voie de la concurrence salariale extrême, la zone euro - dont les exportations ne dépassent pas 20% du PIB total - risque de détruire la dynamique de la demande intérieure.
• Le rythme des augmentations de salaire nominal s’affaiblit et on ne voit pas se profiler la fin de cette tendance (voir graphique). Les coûts salariaux par unité (environ 0,5% pour 2005 et 2006) sont nettement inférieurs à l’objectif de stabilité des prix de la BCE (2%). Ceci contribuera à réduire davantage l’inflation.
• Un scénario semblable a régi la période ’97-’99. Durant cette période, les augmentations de coûts salariaux par unité ont également été limitées et ont généré une chute du taux d’inflation à 1%. Cette spirale descendante s’est ensuite arrêtée en important l’inflation par le biais d’une forte dépréciation du taux de change de l’euro. Toutefois, étant donné les déséquilibres mondiaux actuels (le déficit externe des Etats-Unis a atteint un sommet record), la zone euro ne peut compter sur un nouveau ‘renflouement’ des marchés des changes pour éviter que le processus de la désinflation concurrentielle n’entre dans une spirale incontrôlable.
• Ceci signifie que la BCE est la seule à pouvoir éviter que l’économie n’entre doucement dans un scénario de ‘désagrégation’. Les taux d’intérêts doivent être réduits, de minimum 500 points de base environ. Mais ce qui compte également beaucoup pour la reprise, c’est de rétablir la confiance des ménages et des entreprises. La BCE doit y contribuer en acceptant clairement le double mandat qui lui a été confié par le Traité européen : préserver la stabilité des prix et soutenir la croissance économique. La politique monétaire européenne doit être remodelée de façon à être symétrique, orientée vers l’avenir et à réagir aux situations de faible inflation dans lesquelles les échanges habituels entre croissance et inflation ne sont plus de mise.
Rapport complet de la CES : Rapport de la CES (Uniquement en anglais)
Formation des salaires - où est la limite inférieure ?

Source : Commission DG II web site,indicators euro area
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