ETUC
12/04/05

La décision de la Banque centrale européenne d’exclure une baisse du taux d’intérêt est regrettable, affirme la Confédération syndicale européenne.

Les préoccupations de la BCE concernant l’inflation ne sont pas justifiées par les faits. La BCE devrait au contraire prendre des mesures afin d’endiguer la baisse accrue de la croissance économique, déclare le Secrétaire général de la CES, John Monks, en réponse à la décision prise hier par la BCE de laisser ses taux d’intérêt inchangés et à la conférence de presse de Jean-Claude Trichet.

Lorsqu’il a annoncé la décision de ne pas modifier les taux d’intérêt, M. Trichet a fait état « des risques haussiers pour la stabilité des prix » et a attiré l’attention sur le besoin pour les « partenaires sociaux (d’) assumer leurs responsabilités ». Il a, par la même occasion, évoqué des informations contradictoires en ce qui concerne l’activité économique.

En réponse, la CES signale : Une série de rapports suggèrent en réalité une reprise économique au ralenti dans la zone euro, étant donné que les prix pétroliers et l’appréciation de l’euro font ressentir leurs effets. Les principaux indicateurs directeurs témoignent d’un ralentissement de la croissance. La Commission européenne vient tout juste de réviser à la baisse ses projections pour 2005 qui passent d’un 2% inapproprié à un 1.6% incohérent et l’écart de production négatif va continuer à s’élargir. Elle prévoit en outre un taux d’inflation de 1,5% pour 2006, en dépit de la hausse des prix du pétrole. Ce taux est significativement inférieur à l’objectif de la BCE. Pour ces raisons, la CES ne peut consentir au refus catégorique de M. Trichet d’envisager de diminuer les taux d’intérêt, ni accepter son insistance sur les risques croissants pour la stabilité des prix. Une banque centrale tournée vers l’avenir et poursuivant un objectif symétrique quant aux prix devrait envisager de revoir les taux à la baisse dans l’environnement actuel, ce qui correspondrait au mandat conféré par le traité de la banque d’encourager l’activité économique, à condition que la stabilité des prix soit assurée.

La CES a bien conscience des responsabilités des partenaires sociaux. Les évolutions salariales des dernières années ont nettement aidé la BCE à contrôler l’inflation. La Commission ne prévoit qu’une augmentation insignifiante de la croissance des salaires nominaux dans la zone euro (2,2% en 2004 à 2,4% en 2006). Cette hausse est conciliable avec la stabilité des prix, même si la croissance de la productivité reste stagnante. Dans l’intervalle, les coûts salariaux réels par unité devraient être négatifs au cours de ces trois années, autrement dit, le revenu poursuit son passage du travail au capital. Au vu de ces chiffres, il est clair que les syndicats ont fait face à leurs responsabilités et continuent à s’en acquitter et qu’il est superflu qu’ils soient appelés par d’autres acteurs à en faire autant.



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Dernière modification:avril 13 2005.