ETUC
12/04/05

L’Europe a besoin d’une consultation renforcée des travailleurs et d’outils améliorés pour la gestion des restructurations

La Confédération européenne des syndicats (CES) salue l’initiative de la Commission européenne et de la Présidence luxembourgeoise concernant la réouverture d’un débat sur les manières de traiter les restructurations. Une stratégie cohérente à l’échelle de l’Union européenne est vitale, étant donné que des restructurations mal gérées constituent une menace pour de nombreux objectifs de Lisbonne, parmi lesquels le plein emploi, des emplois de meilleure qualité, ainsi que la cohésion sociale et territoriale.

 

« L’objectif premier de restructurations bien gérées doit être que personne ne reste au chômage ni ne soit exclu à la fin du processus », a déclaré la Secrétaire générale adjointe de la CES, Maria Helena André. « Il est de la responsabilité des entreprises et des autorités publiques compétentes de trouver une solution qui satisfassent les besoins de chaque individu. »

La CES n’est pas opposée aux changements, qui peuvent représenter une stimulation importante pour le développement et le progrès. Mais ceux-ci doivent être planifiés, bien gérés, et faire l’objet d’un suivi de manière à faire disparaître les craintes et l’insécurité ressenties par de nombreux travailleurs en Europe, qui s’inquiètent à présent de voir leur gagne-pain partir de l’autre côté de la planète.

Nous ne pouvons accepter que les travailleurs soient les seuls à payer le prix des restructurations, ou que la mondialisation et le progrès technologique deviennent des prétextes pour obliger les gens à accepter des emplois de faible qualité, de mauvaises conditions de travail et des salaires inappropriés. Cela ne serait dans les intérêts ni de l’industrie, ni des travailleurs, ni de la société en général.

La CES insiste par conséquent sur :

-  Une utilisation améliorée des mécanismes déjà existants de gestion du changement, y compris des instruments politiques, financiers, législatifs et contractuels.

-  Une notification préalable des partenaires sociaux, ainsi qu’une consultation en amont de ces derniers avant la mise en route d’une restructuration, la mise en place d’un cadre de mesures en vue de soutenir les travailleurs dans le processus de changement.

-  Des solutions personnalisées pour les travailleurs qui ont été licenciés à la suite d’une restructuration : parmi celles-ci, le conseil, l’aide à la recherche d’un emploi, des stages dans d’autres entreprises, la reconversion professionnelle, et l’accès aux crédits pour la création de petites entreprises répondant à des besoins locaux.

-  Une formation de bonne qualité et l’apprentissage tout au long de la vie pour tous les employés, qui devrait être mis en œuvre dans toutes les entreprises en Europe.

-  Des avantages sociaux appropriés, en vue de mettre à disposition un filet de sécurité pour les travailleurs confrontés à une période de chômage.

-  Des partenariats forts entre les différents acteurs aux niveaux régional et local, proposant les moyens les plus efficaces de trouver des solutions appropriées pour chaque communauté.

-  Davantage de recherches sur les perspectives à long terme des secteurs industriels européens, afin d’alerter à l’avance sur les domaines dans lesquels des emplois peuvent être en danger à l’avenir.



Vos commentaires sont importants pour nous.
Avez-vous trouvé cette page intéressante ?
Avez-vous un commentaire ?
 Vous pouvez répondre à cet article ici.



Dernière modification:juillet 7 2006.