ETUC
22/03/05

Contribution de la CES au Sommet social tripartite

Les représentants de la CES présents aujourd’hui au sommet social européen ont fait écho aux vues des 70 à 80.000 syndicalistes qui se sont réunis à Bruxelles ce 19 mars.

 

Le secrétaire général de la CES, John Monks, a appelé les chefs d’Etats et la Commission européenne à ne pas reléguer l’importance de l’Europe sociale au second rang. Cette façon d’agir fait germer l’insatisfaction et le désespoir dans l’idée même de l’Europe, et ce désespoir se remarque déjà dans le vote des pays qui organisent des référendums sur la nouvelle constitution.

Ceci implique que les employeurs, de même que la Commission et les Etats membres, doivent admettre les inquiétudes réelles des travailleurs et se préparer à prendre des mesures positives.

En particulier, cela implique que des progrès soient réalisés dans la révision de la directive sur le temps de travail, et soient acceptables aux yeux de la CES et de ses nombreux alliés au sein du Parlement européen. Plutôt que d’affronter d’énormes pressions diplomatiques de la part, notamment, du Royaume-Uni, nous devrions nous préparer à enterrer décemment la clause de renonciation de la directive sur le temps de travail.

Cela implique que des progrès soient faits dans la directive sur les travailleurs temporaires et dans les Comités d’entreprise européens.

On nous dit qu’aucune directive ne peut venir en aide aux travailleurs. Parce que de telles directives impliqueraient des tracasseries administratives, ne seraient pas favorables au commerce, et anéantiraient des emplois.

Mais il importe de comprendre que cette approbation ne tient pas compte de l’opinion populaire ni de celle du travailleur. L’Europe, loin d’être ressentie comme l’alliée des travailleurs, est de plus en plus souvent considérée comme leur ennemie. C’est ce que génère inévitablement une concentration excessive sur des politiques favorables au commerce.

A présent, nous voulons soutenir le processus de Lisbonne qui vise à relancer la croissance et à tout faire pour créer plus de meilleurs emplois. Nous voulons collaborer avec les employeurs pour créer des politiques respectueuses de l’emploi et de l’environnement. Il y a beaucoup à en dire. Une bonne politique sociale entraîne le changement. Mais lorsque beaucoup refusent d’aborder des sujets comme la restructuration ou la délocalisation, il devient de plus en plus difficile d’entreprendre des actions constructives communes.

Plus que tout, nous voulons un geste clair en ce qui concerne la directive sur les services.

Il a été demandé à la Commission de reconsidérer la directive sur les services et d’en rédiger un nouveau projet, de sorte que les services ne soient pas libéralisés sur base des niveaux de vie les plus bas ; et afin que nous puissions en attendre une conception nouvelle, et pas simplement un remaniement du texte de Monsieur Bolkestein.

Cela donnerait aux syndicats européens l’impression d’être écoutés, le sentiment que le dialogue social fonctionne, et aussi que l’Europe sociale est vivante et en bonne santé, et non cataloguée comme réactionnaire ou comme une force conservatrice.

C’était le message de la CES au sommet social.

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Dernière modification:avril 21 2005.